Fred's Diary

Raphaël Veuch-Story

Raphaël nous raconte sa veuch story. Oui les hommes ont beaucoup à dire aussi… On l’écoute :

Il m’en aura fallu des années avant de comprendre qu’en acceptant les coiffeurs imposés par mes parents, je m’offrais 30 ans d’avance sur la mode rétro, et un certain retard sur mon accession à l’autonomie.
Capillairement, la tendance hésitait entre Eric Charden et Serge Lama, avec une nette ascendance du dernier. Alors bien sûr, pour en arriver à de telles extrémités, il leur a fallu déployer des trésors de persuasion. Celui de ma mère était toujours au fait de la mode de la grande ville ; celui de mon père avait l’avantage d’être muet. Bon, il ne le savait pas et voulait me parler quand même, surtout quand il utilisait le séchoir, et c’était vraiment bizarre comme moment. Mais enfin, un coiffeur, ça parle aux clientes, alors que, pour nous les hommes, il faut un muet.

Je ne leur en garde pourtant aucune rancoeur à tous ces artistes. Pas même à Yoshi, le Japonais – son salon est rue des Ciseaux ! – qui m’attaquait les veuchs au katana (sabre japonais). C’est le dernier que mon père avait trouvé pour moi. Comme il avait les cheveux raides et noirs, il ne pouvait qu’être idéal. J’arrivais, il m’apportait l’Equipe du jour, et sortait son sabre. Il ne demandait pas ce que je voulais. Il savait. Et pendant quelques années, j’ai eu la tête de l’ailier gauche de l’équipe de foot allemande des années 90.

Malgré tout, j’ai réussi à pécho une fan de Fred…

Un jour qu’il la transformait en bombe atomique, il m’a aperçu. Il a, imperceptiblement, levé les yeux au ciel, et, le jour même, on m’a fait comprendre que le tribute à Mireille Mathieu, ben, c’était fini. Rendez-vous pris avec le Dieu des veuchs. Je me suis préparé, vraiment. Bien lui faire comprendre que, non, s’il ne sait pas se servir d’un sabre japonais, ça va pas le faire, que s’il essaye quelque chose de différent que la coupe au bol, on court à la catastrophe. Il n’a rien répondu. Cool, me suis-je dit, un muet. C’est moi qui l’ai trouvé, tout seul, sans mes parents : ça y est, je suis adulte ! Ça a duré une heure. Un carnage. Plus de cheveux par terre que sur ma tête. J’avais compris qu’il préférait les défilés Hedi Slimane aux Playmobil, mais quand même, il y est allé fort, sans aucune transition. Depuis ? Ben je parle quand il me coupe les cheveux, plus que lui. La dernière fois, à la fin de la coupe, il m’a demandé : « Au fait, je te fais quelle coupe aujourd’hui, je t’ai même pas demandé !!? ».

Il m’aura fallu attendre quarante ans pour prendre en mains mon destin capillaire…
Et vous, les fans, vous en avez aussi mis du temps ?


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  1. Il faut du temps pour trouver LE coiffeur qui se fout des tendances mais qui s’intéresse à nous. C’est sûr qu’un muet aura plus de mal. Jolie histoire en tout cas.

  2. j’ai mis des années a trouver MON coiffeur, mais bizarrement on ne se parle pas tant que ça capillairement parlant, je lui dit vaguement ce que je veux, et il fait comme il le sent.. mais j’ai tellement confiance, que le résultat et toujours parfait
    sauf que j’ai déménagé très loin et que du coup…il faut attendre des mois avant de le retrouver !!
    sauf que la je suis a 2 doigts de me couper une frange… je sais pas si c’est une bonne idée avant d’aller en vacances .. 🙂

  3. Mon coiffeur me connaît depuis que je suis dans le ventre de ma maman, et je vous jure qu’il n’est pas vieux pourtant (42 ans ça va non ?). Entre lui et moi, c’est une grande histoire d’amour, il m’a tjs écoutée et ne m’a jamais ratée… L’homme parfait je vous dis.

  4. Du temps oui mais je m’en suis rendue compte y’a pas très longtemps dans le fond…
    Petite, ma mère avait décidé que j’avais un trop grand front pour ne pas avoir de frange, que mes cheveux était trop épais, bouclés ou je ne sais quoi pour les avoir longs donc je ressemblais à un garçon (traumatisme), qu’il fallait que mes cheveux soient « soyeux ». J’aimerais bien claquer 75 balles chez un psy pour comprendre ma mère mais je préfère les utiliser chez le coiffeur pour faire plaiz’ ! (je précise, ma mère m’aime ! )

  5. Je suis sdf du coiffeur depuis que j’ai déménagé. Et bien, capillairement parlant du coup, j’ose vachement moins de truc. Autant le dire, je n’ai pas changé de coupe et je demande seulement soit de couper les pointes en hiver, de passer à un basique carré l’été.

    Etre sdf du coiffeur, c’est pas l’éclate du veuch!

  6. wouha ça fait du bien de voir un témoignage d’homme, c’est vrai quoi Fred j’avais l’impression que tu ne coiffais que les filles.

  7. J’ai 33 ans et je n’ai toujours pas trouvé la réponse à mes cheveux bouclés. Ils ont une vie indépendante, qui dépend du temps, de l’humidité, de l’humeur du coiffeur, et de mon humeur ! J’espère que je saurai apprendre à ma fille, qui a à peine 2 ans et qui tient sérieusement de moi, à aimer ses cheveux avant ses 30 ans !

  8. Dommage qu’il faille « pécho » une de tes fans pour t’approcher… Qu’en qu’il en soit, Fred, tu as eu l’oeil juste pour voir ce qui se cachait derrière le syndrôme Mireille Mathieu ^^
    J’ai eu longtemps, enfant, la coupe au carré avec la frange bien droite. J’avais de bonnes joues à l’époque et je détestais cette coupe !
    Mais je n’ai pas encore trouvé le coiffeur qui fera de moi une pépite d’or…

  9. Pour répondre à ta question : ça dépend de tes disponibilités, Fred. Ton blog me réjouit et me désespère a la fois depuis des mois. Dire que je pourrai avec une coupe de folie, le regard et les mains d’or qui se posent sur ma tignasse, et que c’est même pas possible.

  10. Monsieur Fred,
    Pourriez-vous passer au bureau les lendemains de virées nocturnes de Raphaël, parce que ces jours-là, sa coiffure n’a rien à voir avec celle des photos qui font saliver certaines commentatrices…
    Et dommage que notre ami Raphaël n’ait pas eu la bonne idée de vous confier une photo d’il y a environ 10 ans (à un âge où il avait quitté le giron familial depuis longtemps) : tout le monde aurait ainsi pu comprendre que lorsqu’il parle de coupe Playmobil, cela n’a rien d’exagéré…

  11. Bon alors non seulement Raphaël est beau mais en plus il a réalisé un de mes rêves : trouver le coiffeur parfait (j’ai une check-list dans laquelle ne parle pas trop est inscrit en lettres capitales). Bref, jalouse je suis, sa coupe lui va à merveille.

  12. J’espère ne pas être promise à la même attente que Monsieur, sinon j’en ai encore pour 23 ans d’errance capilaire à la recherche d’un coiffeur bien gentil, bien doué, qui saurait s’occuper de cheveux frisés. Coiffeur-tant-attendu, si tu m’entends…

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